CELJE - MONTPELLIER : 29-23
Ligue des Champions, 1/4 retour - 3 mar. 2001


1. Omeyer


7/10 dt 3/4
4. Kabengélé   13. Golic
5. Junillon
6. Frandesjo   18. G. Anquetil
-
 
10. Puigségur    

 

Ah, c'est rageant. Rageant de savoir que Celje n'est pas un obstacle insurmontable et que Montpellier chute, sans avoir produit un jeu qui lui aurait permis d'atteindre pour la première fois de l'histoire du hand masculin des 1/2 finales de Ligue des Champions, de transformer l'improbable rêve en douce réalité. Mais pour espérer pareil dénouement, il était indispensable d'être forts partout et si possible de faire douter l'adversaire pour le faire casser quand l'occasion s'en présentait.
Alors, finalement, est-ce qu'ils ont mal joué nos petits bleus ? Des fois oui, des fois non. Dès l'entame, les défenses tiennent le choc, plus dans la mobilité autour des 6 mètres que sur des exploits des gardiens; Martini et Peric restent discrets. A la 12e minute, Greg Anquetil remet une nouvelle fois les deux équipes à égalité 7-7 depuis les 9 mètres par un tir en suspension venu d'ailleurs. Pourvu que ça dure ...
Mais ça ne dure pas. Entre mains qui glissent et passes à l'adversaire, les joueurs montpelliérains sont les premiers contre-attaquants slovènes. Et les vrais slovènes eux, ne se trompent pas devant Bruno Martini, qui s'est imposé seulement 2 fois en 15 minutes. Il laisse logiquement la place à Thierry Omeyer, dont le nom sera bientôt scandé par les Blue Fox, trentaine de français perdue dans un coin de la salle, étouffés par la bronca des spectateurs. Et les héraultais sont aussi apparemment perdus sur le terrain, rien ne s'arrange. Patrice Canayer est obligé de demander un temps mort à la 19e minute, Montpellier rame 7 à 11. 8-13 une minute plus tard.
La gorge se fait plus serrée et les rêves se font la malle. Pourtant, malicieusement, Montpellier grignote, et sur une passe laser de Greg Anquetil vers Cédric Burdet à l'aile, une splendide lucarne fait repartir les coeurs, 13-10. A 13-11, l'entraîneur slovène rappelle ses troupes pour essayer de calmer les "morts de faim" qui s'accrochent à son équipe, 4 fois demi-finaliste consécutivement. Mais ça ne refroidit en rien Titi Omeyer qui fait son "chaud", en se payant le luxe d'humilier en contre-attaque Eduard Kokcharov, meilleur ailier ... gauche du mondial, avec une splendide parade de la jambe ... gauche. Par un non moins splendide tir à la hanche, Jérôme Fernandez clot la marque pour la première période, 13-12.
Faisons le bilan : les deux équipes se tiennent en début de partie, avant que Celje prennent quelques buts d'avances, majoritairement des cadeaux montpelliérains. Côté champion de France, Awad et Frandesjo ne sont décidément pas dans le coup, Golic a un peu la tête ailleurs alors que Puigségur, Fernandez et Anquetil étincellent. Ces trois valeurs sures continueront de briller par la suite. Mais on ne fait pas un beau ciel étoilé avec trois astres uniquement. Martin Frandesjo scintille un court instant après son premier but à la 34e minute mais les trous noirs se font de plus en plus nombreux et Peric malheureusement s'éveille. En jouant juste, simplement, Celje creuse peu à peu l'écart. On passe d'un possible 16-15 à 21-16. Et les météorites continuent de pleuvoir sur Martini, revenu tenter un dernier coup.
Les passes pour les spectateurs ou les pieds des coéquipiers, qui ne sont l'un comme l'autre pas autorisés à jouer au handball, refont leur apparrition, quand les balles n'arrivent pas toutes cuites dans les mains slaves. 25-19, 6 minutes à jouer. Les jeux sont faits. Les arbitres sifflent un peu pour l'est, Montpellier est à l'ouest et l'écart grandit. Mais c'est déjà terminé depuis un moment. Sur un dernier tir impossible, Kokcharov plante l'ultime coup de poignard (29-23) dans le coeur des montpelliérains et de leurs supporters.
On oublie tout. Comme le hand est un beau sport, les supporters des deux équipes se retrouvent autour d'un verre, s'échangent les écharpes et se promettent de penser aux autres, les gagnants comme les perdants quand peut-être Celje sera en finale de Ligue des Champions, pour la première fois de son histoire. Les joueurs, épuisés surement plus mentalement que physiquement communient une dernière fois dans cette aventure européenne avec leurs supporters, partagent des anecdotes forcément amères, même si l'humour est toujours là chez Belette "Allez, je rentre avec vous en bus !!"

Ah c'était bien beau. Merci, merci, merci encore de nous faire vibrer si fort. Le coeur est pour l'instant un peu meurtri mais il faut tourner la page, penser aux matchs à venir, et surtout à Chambéry. Pour avoir dans un an, la tête encore un peu plus haut dans les étoiles ...

 

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