Pilier désormais incontestable de la défense française, à Montpellier ou en équipe de France, Didier Dinart a accepté cette entrevue après le match de reprise face à Toulouse.

 

Muriel & Émilie : J'espère que ça ne te dérange pas, on va un petit peu parler du Mondial ! Avec une semaine de recul, est-ce que tu réalise un peu mieux ce que vous avez vécu ?
Didier Dinart : Je ne pense pas qu'on puisse réaliser parce qu'on n'est pas vraiment passé par tous les stades. On est directement devenu champion du monde donc on a toujours l'impression d'être restés la petite équipe qu'on était.
M&E : Ça a été un scénario parfait avec victoire en finale contre la Suède après une demi-finale accrochée contre l'Egypte ?
Didier : Oui, c'était le scénario idéal, je pense que les Égyptiens nous ont quand même rendu service.
M&E : Tu te considères comme un héros, un costaud ou bien autre chose ?
Didier : Déjà, je me considère comme moi-même. J'ai pas mal galéré pour arriver là : il y a eu pas mal de pièges et de moments difficiles. Je ne suis pas un héros mais je suis quand même très content de ma prestation.
M&E : Bert (Bertrand Gille) a été élu meilleur pivot du tournoi, tu ne regrettes pas qu'on ne décerne pas de récompense pour le meilleur défenseur ?
Didier : C'est vrai que les défenseurs, c'est un peu un travail noir, dans l'ombre mais c'est tout à fait normal.
M&E : Tu n'es pas un peu frustré ?
Didier : Non pas frustré à partir du moment où les médias me le rendent bien donc ça fait plaisir quand même.
M&E : On a remarqué qu'à la télé, tu rigolais souvent en regardant les arbitres. C'est pour les amadouer ou pour leur faire comprendre qu'ils n'ont pas pris la bonne décision ?
Didier : Je pense qu'il vaut mieux rigoler avec les arbitres, il vaut mieux les avoir dans la poche que contre soi, surtout quand on a un jeu un peu rugueux.
M&E : Vous avez été pas mal exposés pendant la quinzaine, est-ce que tu as reçu des propositions de l'étranger ?
Didier : J'en ai eu pas mal avant et pendant. Mais de toute façon, j'avais pris ma décision avant le mondial de rester à Montpellier.
M&E : Finalement, qu'est-ce qui est le plus dur, enchaîner 8 matchs en 13 jours ou toutes les télés, interviews, radios, soirées ?
Didier : Je pense que le plus dur c'est l'après-Mondial puisqu'il y a pas mal de sollicitations et on n'a pas vraiment le temps de récupérer donc il faut faire la part des choses et c'est pas forcément évident.
M&E : Pas trop dur de reprendre l'entraînement ?
Didier : Ça se passe bien puisqu'on est quand même content. On est sur une dynamique de victoire. Si on avait perdu, on aurait dit "on est fatigué", ça nous aurait un peu embêtés.
M&E : Vous retrouvez 3 matchs par semaine, avec très bientôt le 1/4 face à Celje, comment vous l'abordez, si vous y pensez déjà bien sûr ?
Didier : Pour l'instant il y a Ivry avant. Mais les matchs ne se ressemblent pas. Le contexte de la Coupe d'Europe est très différent donc on ne peut pas comparer les matchs.
M&E : Quel est ton meilleur souvenir de handball ?
Didier : Quand je suis monté sur la première marche du podium et que pour une fois c'est nous qui regardions les autres de haut.
M&E : Le pire?
Didier : C'est ma rentrée en équipe de France. Ça a été très dur. Je voulais que ça aille vite et ça ne s'est pas passé comme ça.
M&E : Plat préféré ?
Didier : J'adore le poulet.
M&E : Boisson ?
Didier : J'aime bien le muscat.
M&E : Film ?
Didier : Y en a un paquet ... Pour cibler je vais dire Braveheart.
Émilie : J'ai une dernière question, quand vous êtes rentrés, c'était impressionnant de voir les gens se lever devant vous. Ça m'a fait plaisir pour vous alors je voulais savoir ce que ça pouvait vous faire de voir un Palais des Sports plein contre Toulouse un mercredi soir ?
Didier : C'est vrai qu'on a gagné pas mal de public par rapport au Mondial. J'espère qu'on va les garder pour la suite.
M&E : Nous aussi on espère ! Merci beaucoup Didier.